| Le Gospel |
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En 1863, date fondamentale et inoubliable pour les noirs, A. Lincoln annonce l’abolition de l’esclavage dans tous les états. C’est l’occasion pour les ex-esclaves de devenir des citoyens à part entière, et de faire découvrir leur musique, qui jusque là n’était pas prise au sérieuse. C’est désormais sûr : les anciens esclaves sont devenus des Américains. Devant cette « révolution », en 1866, dans l’université de Nashville, appelée Fisk University, se forme une chorale d’étudiants, chantant des Negro Spirituals, mais aussi des ballades irlandaises, et des hymnes. Devant cette ampleur, la chorale acquiert une certaine renommée puisqu’on elle porte un nom dès 1871. En effet, les Fisk Jubille Singers entament une tournée à travers tout le pays, laissant derrière eux les interdits que les noirs ont connu durant des années. Désormais, il touche un large public. Il se produira devant la Reine Victoria en 1873. Devant cette ampleur, le Negro Spiritual aura tendance à disparaître pour laisser place Gospel.
Le Gospel se modernise, et s’inspire de musiques profanes comme le blues, le jazz, le rock. Le Gospel est en constante évolution. Il s’est implanté en France à la fin de la seconde guerre mondiale grâce au débarquement des soldats américains. Se crée en 1947 à Paris, le premier groupe de gospel français, appelé, les Compagnons du Jourdain. Il se développe dans les églises protestantes et catholiques.
En France, le Gospel est vécu comme une mémoire collective, hommage rendu à la souffrance des Noirs. Emblème de la liberté et de l'espérance, il porte les valeurs que nous connaissons tous aujourd’hui, celles du respect et de la tolérance. |



Le terme « God » « Spelle » apparaît au XXe siècle, et signifie la parole de Dieu ou l’Evangile, remplaçant ainsi le Negro-spiritual. Ce dernier, en effet, se développe au XVIIIe siècle en Amérique, en même temps que s’accroît de manière considérable la traite des noirs. Les esclaves pratiquent les Work Songs (chants de travail) durant leurs tâches. Progressivement, ils prennent en référence la Bible, et utilisent de plus en plus le vocabulaire religieux. L’accompagnement instrumental viendra par la suite, dans un premier temps avec les outils des esclaves, tels la hache, le marteau ou encore la pioche, puis les outils laisseront place aux tambours, flûtes de roseau, violons…. En revanche, dans les colonies européennes, comme les colonies espagnoles, portugaises et françaises, imprégnées du catholicisme, l’accompagnement musical s’exerce sans grande difficulté, et avec plus de tolérance. En prenant pour sujet le couple d’Adam et Eve, Noé, Moise, le Christ, les esclaves noirs s’identifient particulièrement aux Hébreux. En effet, ceux-ci sont oppressés par les Egyptiens, et devront attendre l’arrivée de Moise pour être enfin libérés. Les esclaves noirs attendent eux aussi leur sauveur, celui qui les délivrera de ses conditions miséreuses dans lesquelles ils vivent. Il faudra attendre la Guerre de Sécession, 1861-1865, pour qu’un changement désastreux s’opère. L’esclavage se transforme alors en ségrégation raciale. De là, apparaît l’organisation du Ku Klux Klan, en 1866, qui assassinera plus de 3 500 noirs en l’espace de neuf ans.
Le Gospel se développe alors dans les zones urbaines. On procède à des enregistrements pour toucher le public afro-américain qui deviendra un véritable objectif commercial. Les premiers disques s’appellent les race records. On assiste à un regroupement entre les chanteurs de blues, les orchestres de jazz, et les quartets vocaux de gospel, qui œuvrent pour faire connaître leur musique dans tout le pays. 

